En (hindi) vino veritas

Envie de vin… l’approche du weekend sans doute, et la lecture d’articles sur l’importance grandissante du monde viticole ici.

Alors quid de ce secteur ?

Les vignerons du Karnataka sont représentés par le Horticultural Producers Co-operative Marketing and Processing Society (HOPCOMS) et vous noterez la présence du terme “marketing” dans le nom de cette organisation, le vin étant considéré comme un produit comme un autre.
Les indiens sont pragmatiques; après s’être protégé des producteurs étrangers (les vins importés, comme d’ailleurs tous les alcools, sont taxés à 200%), le HOPCOMS mets en place une véritable politique de conquête du marché du vin, né il y a quelques années et en croissance vertigineuse depuis.

Mais avant de voir en quoi cette stratégie consiste, voila quelques chiffres pour vous donner une idée de la production nationale.
L’Inde compte 58 000 hectares de vignes, soit une augmentation de plus de 65% en dix ans (contre 850 000 ha et -5% en France sur la même période).
La production annuelle en Inde et en 2005 se situe en 12e position mondiale avec 1 400 000 tonnes de raisin.

Il reste néanmoins que la consommation de vin par habitant n’est pas tout à fait la même ici que dans le reste du monde…
En Europe et aux Etats Unis, elle est de 60 litres par an contre 5ml en Inde… mais dois-je rappeler que la population s’élève à 1,2 milliards d’individus ? (un verre de Sula à celui / celle qui me donne dans les commentaires la consommation globale de l’Inde par an, et en litres).

Le HOPCOMS a donc mis en place une triple politique.
1/ la formation.
L’Institute of Agricultural and Horticultural Research à Hesaraghatta va mettre en place une unité viticole modèle qui permettra de former les futurs vignerons à tous les aspects de la production et l’élaboration du vin
2/ Les aides.
Un prix minimum est mis en place (45 rp par kilo de raisin) et pour assurer la qualité du vin, l’organisation oblige les producteurs à ne planter que certaines variétés de raisins.
En parallèle, le board a lancé l’importation d’un panel de variété françaises, merlot, chenin, Favinine (?), Cabernet, Pinot noir, Shiraz, Chardonnais, Muscat, jusqu’aux Riesling d’Alsace…
3/ La vente et sa composante marketing.
Une série de “Tavernes” vont voir le jour, et qui ne vendront que du vin indiens. Elles serviront de support à la promotion des productions locales.
On pourrait ajouter que de plus en plus de soirées et évènements sont sponsorisées par les marques de vin.

Donc, donc pour résumer, la stratégie indienne viticole est la suivante :

1/ Protection vis à vis de l’étranger
2/ Formation
3/ Aides à la production
4/ Opérations Marketing & ventes
Ca me rappelle certains chapitres du Mercartor tout ça…

Tout ça pour dire que certains de ces vins sont vraiment bons….
Il est bientot l’heure du déjeuner, me ferais bien un jambon beurre cornichons, un œuf dur et un verre de Saint Pourçain bien frais…
Et bien non, il y a du curry et du riz au menu….(soupir)

Au dessus de l’Iran
Le monde est injuste