Ganesh Chaturthi !

Hier matin, nous avions prévu d’aller dans le sud de Bangalore voir une réserve animalière. Le temps particulièrement “humide” de ces derniers jours (variant entre le déluge et.. le déluge) combiné avec le début des célébrations de Ganesh (Ganesh Chaturthi) nous ont incités à rester dans l’enceinte de la ville.

Nous voila donc partis, Charlotte, Olivier, Greg et moi, sac au dos et appareil en bandoulière à la recherche de scènes de vie à photographier.
Au début, un peu cachés, et un tantinet honteux de capturer la vie quelque fois peu enviable de certains indiens, nous réalisons rapidement que les indiens adorent se faire photographier.
Nous nous faisons héler dans tous les coins pour prendre en photo le marchand de légumes avec ses concombres, la petite marchande de tomates fière derrière son étalage, le marchand de poissonx avec un crabe dans la main….

Oui, un poissonnier, et dans la rue à Bangalore. Il est vrai qu’il y avait plus de mouches que de poissons, et que ces derniers, dans une glace à la qualité douteuse, embaumaient la rue d’un fumet… particulier.
En se baladant près de chez moi, nous sommes donc tombés sur ce marché coloré par les vendeurs de fleurs et de petites statuettes de Ganesh en terre glaise recouvertes de peintures fluorescentes pour certaines, de quelques liserais dorés pour d’autres..
Le marché débouche sur un petit temple, malheureusement entrain de fermer mais dont les couleurs vives et les centaines de lampes multicolores qui l’habillaient, laissaient présager une soirée joyeuse.
La fin de l’après midi se passe à attendre au poste de police qu’ils veuillent bien me donner un papier prouvant que j’habite bien ici…
Peine perdue, au bout de deux heures je me fait répondre extrêmement sèchement par le policier indien que j’aurais du m’enregistrer au préalable au bureau des étrangers (ce qui est obligatoire, mais qu’en bon français respectueux des règles, je n’ai bien sur pas fait) et éventuellement qu’après, ce dit bureau enverrait un papier au commissariat du coin qui éventuellement (bis) me délivrerait mon papier.
Cette attestation est indispensable pour ouvrir un compte en banque par exemple.
On verra plus tard 🙂

Avant de vous décrire la soirée, je pense qu’une toute petite aparté est nécessaire

Encore une fois, je vais utiliser Wikipedia pour les sources. Je pense qu’il faut expliquer qui est Ganesh et pourquoi nous allions assister, ce soir là, à la noyade dans le lac central de Bangalore de cinquantaines de ses statues.

Ganesh est le fils de Pârvatî, la demi déesse et femme de Shiva (voir mon poste précédent sur le Trimûrti).
Un jour, Shiva qui ne connaissait pas son existence ( Pârvatî avait conçu, seule Ganesh avec un peu de glaise), Shiva donc revenu de la chasse trouve Ganesh qui lui barre la porte de chez lui, sa mère lui ayant demander d’empêcher l’intrusion d’étrangers.
Du coup, Shiva lui tranche la tête (ça rigolait pas à l’époque).
Pârvatî inconsolable, raconte qui est Ganesh à Shiva qui lui promet de lui remettre une tête, et comme un éléphant passait par là…
Les statues sont immergées dans l’eau pour, nous a-t-on raconté, symboliser le retour de Ganesh au Ciel et dans la mer.Chacun de ses passages assure prospérité aux spectateurs.

Nous voila donc partis, pour assister à ce spectacle, dont j’avais trouvé la localisation totalement par hasard. C’est fou tout ce que j’ai vu et fait par hasard ici soit-dit en passant.J’en arrive à la conclusion qu’il faut se laisser faire par les évènements quand on visite une ville, c’est ce qu’il y a de plus enrichissant.
Bien, je vais arrêter de tergiverser comme ça tout le temps, désolé.
Donc nous arrivons près du lac Ulsoor où nous attendent des arbres illuminés, des volutes incroyables d’encens et des chants hurlés par de nombreux haut parleurs.

A l’entrée du lac, un bassin est éclairé par de puissants projecteurs

Ce point d’eau est entouré de gradins de bétons devant lesquels une grue portera les idoles pour les placer doucement dans l’eau sous les cris et les vivas d’une foule que nous avons trouvé bon enfant et joyeuse.
Juste derrière l’eau, un peu plus dans l’obscurité, des dizaines de petits autels sont érigés et des jeunes prient avec ferveur de petites statuettes presque totalement enfouies sous les fleurs.

Hier soir retour chez moi après un diner dans un bon thaï près de chez moi (bonne adresse pour mes futurs visiteurs..) et aujourd’hui brunch au Taj, un des grands hôtels de la ville… sublime, comme l’on s’y attendait !

Au dessus de l’Iran
Le monde est injuste