Typologie macadamienne

Les traversées épiques de la ville dans les cortèges d’embouteillages et de fumées d’échappements, en un premier temps chaotiques aux yeux de l’expatrié fraîchement débarqué, finissent par apparaître régies par un certain nombre de règles. De toute façon, le temps passé à attendre qu’enfin le trafic reprenne est propice à cette analyse. En voiture Kumar !

Typologies des protagonistes (du plus gros au plus vulnérable)

Le bus

Généralement vieux et bringuebalant, il navigue à une allure constante, effectuant de faibles ralentissements pour permettre aux passagers, pour certains agrippés aux barres extérieures, de descendre sauter ou de monter.
Il a la particularité d’avoir son pot d’échappement sur le coté droit. Ami à deux roues, éloigne toi du bus au démarrage ou tu termineras noir et tes amis risqueront de souffrir olfactivement de ta présence.
=> Le bus à la priorité sur tout le monde, c’est le plus gros.

La voiture

Une Hundai, une Tata, très peu de marques européennes. Peu importe la forme, un seul élément compte: le Klaxon. Plus il est fort, plus le conducteur pourra se prévaloir d’un statut routier envié par ses compatriotes. D’où une utilisation intempestive de cet avertisseur qui n’avertit absolument plus personne depuis longtemps.
=> La voiture a priorité sur tous (sauf le bus)

Le rickshaw

Ahhhh, le rickshaw, son chauffeur placide, excité ou imbécile, connaisseur ou non des subtilités de la ville, il ne se départi presque jamais de son crachat et de la poignée qu’il tire violemment pour relancer le moteur quant il a calé.
On aime quand il discute le prix, on aime moins quand il s’arrête au milieu de nulle part, se retourne et vous dit “sorry sir, no more gas”
=> Le rickshaw se moque de la priorité, il est en quelques sorte hors caste. Se méfier d’eux surtout la nuit.

Le motocycliste

La catégorie la plus nombreuse ici. Elle rassemble les vélos, les mobylettes, les motos neuves mais sans charme et les mythiques Enfileld qui, disons le, engendrent un bruit superbe et un coup d’oeil toujours envieux.
Le motocycliste éteint toujours son moteur au croisement des routes, et attends patiemment que le moustachu policier ait fait passer la moitié de la ville avant d’ouvrir les vannes de la route sur laquelle le motard attends.
Le motocycliste rallume son moteur en insistant bien sur une accélération poussée (et nécessaire si on veut atteindre 20kmh en moins de 50m). Ami expatrié, tu l’as compris, il faut se mettre devant la meute au démarrage. Sinon…
=> Le motard n’a priorité que sur les piétons et ne doit en aucun cas s’arrêter pour les laisser passer, sous peine de se retrouver, avec le motocycliste qui arrive derrière, dans une posture que la décence m’interdit de décrire ici.

Le piéton

Le piéton est comme la fourmi, vulnérable mais mobile. La traversée d’une route est une expérience fascinante pour l’expatrié à son début au pays des moustachus. Le principe est simple. Personne ne s’arrêtera pour vous laisser passer (cf paragraphe précédent). Après, et bien… C’est vous qui improvisez..
=> Le piéton n’est donc, comme vous l’avez compris, prioritaire sur personne. Vous êtes prévenus.

La vache

Elle peut traverser à n’importe quel moment si un brin d’herbe lui parait plus vert de l’autre coté de la chaussée. Elle peut s’allonger à un carrefour pour piquer un somme. Elle peut être en troupeau ou en solitaire, à corne ou traînant ses pis sur le bitume. Ami, je te conseille de ralentir à leur approche. Elles ne sont pas rapides mais outre un choc qui ne sera que peu réjouissant si tu la rencontre de trop près, tes amis moustachus risquent fort de ne pas prendre ton altercation à la légère et se servir de toi pour reboucher les trous de la route.
=> On l’a compris, la vache a priorité sur tout véhicule. TOUS

Alors ami lecteur, pour résumer, voila un petit schéma du plus prioritaire à celui qui l’est le moins
Vache > camion > voiture > moto > piéton

Bon we à tous !

Au dessus de l’Iran
Le monde est injuste