Un prince

Je me suis à de nombreuses reprises plaint des auto-rickshaw drivers. Souvent voleurs, arnaqueurs, il n’en sont pas moins un des éléments les plus indispensables de la vie ici. Sans eux, la ville s’arrête et la vie économique péricliterait rapidement.
Hier matin, délaissant mon scooter, je me suis mis à la recherche d’un touc touc pour aller au bureau.
Devant l’école chrétienne (voisine, soit dit en passant, de la madrasa du coin), un vieux driver, rangeait

soigneusement ses affaires sous son siège

J’ai pu en entre apercevoir le contenu, rangé au cordeau et contenant, outre une serviette et une chemise, de nombreuses photos je crois.

Je lui ai demandé s’il pouvait aller dans ma direction, et il s’est retourné vers moi pour me répondre.
70 ans, (dont 48 ans de métier me dira-t-il par la suite), chemise repassée, et un regard posé et calme. Nous sommes montés dans son rickshaw et avant de démarrer, il a lancé un vibrant “Morning father !” à un prêtre qui passait par là. Un signe de croix, et nous voila parti.

reksha

Certains matins, on a envie de calme, non pas forcément de silence, mais de peu d’interaction humaine… Il arrive cependant que certaines personnes, de par leurs histoires, vous emportent et vous passionnent presque immédiatement.
J’avais l’impression d’être un maharadja conduit par un prince, qui me racontait le Bangalore d’il y a cinquante ans, de la douceur d’y vivre et de l’installation soudaine de tous ces IT companies. Mais il m’a raconté aussi sa famille, sa fille mariée à un suédois et vivant à Stockholm, sa nièce vivant aux Etats Unis, et son neuveu travaillant en Malaisie pour…. Lenovo, qui se trouve être mon client. Et j’ai vu la carte de visite du dit neuveu, position impressionnante dans la société.
C’est cela aussi la magie de l’Inde, de vous captiver quand vous l’attendez le moins, et de la façon la plus surprenante…
Alors pour ceux qui hésitent encore… et bien n’hésitez plus et venez !

Au dessus de l’Iran
Le monde est injuste